Quand on aime un groupe de musique, on sait pourquoi on l'écoute. Du coup quand Metallica a sorti "Load" et que Megadeth a sorti "Risk", les album ont beau être plutôt pas mauvais, les fans ont été globalement déçus.
C'est un peu pareil pour les films, pour la peinture, pour les séries etc... Le public part avec une attente globale. En réalité, c'est la même chose pour les jeux de rôle.
Quand vous faites une partie avec un maître de jeu que vous commencez à connaître, vous vous attendez globalement à un certain type d'ambiance.
Mais il se passe la même chose chez les MJ que chez les groupe de rock ou les réalisateurs. Ils peuvent avoir envie d'essayer de se renouveler, de proposer quelque chose de nouveau dans leur façon de maîtriser, d'agrandir leur palette, d'améliorer leurs points faibles et c'est une grosse erreur !
Franchement, si vous lisez le dernier Stephen King et que vous vous retrouvez avec un Harry Potter, c'est nase ! Ca ne retire rien à Harry Potter, c'est un bon livre, mais vous vouliez, de l'horreur, du sale, du psychologique. Et bien dans les parties de jeu de rôle, les joueurs ont plus ou moins les mêmes attentes. Si le MJ "Action débridée" commence à faire du scénario "politique", non seulement, il ne sera pas si bon que ça, mais en plus les joueurs trouveront la partie fade et seront peut-être un peu déçu de ne pas avoir eu le frisson attendu. Inversement, si le MJ "Dystopique" propose à ses joueurs du "Sword and Sorcery", on aura Hawkmoon : des bons ingrédients mal mélangés.
On a tors de se focaliser sur ses points faibles. Il faut se concentrer sur ses points forts !
Et c'est vrai pour toutes les situations. Prenez un exemple simple à comprendre. Si vous jouez les Nains à Blood Bowl. Ils sont balaise mais ils sont lents. Est-ce que vous pensez qu'ils seront meilleurs joueurs en augmentant leur vitesse pour devenir juste moyens ou en leur mettant châtaigne pour qu'ils fassent encore plus mal quand il tapent ?
L'avantage de nos points forts, c'est qu'on est à l'aise avec. On l'a vu, improviser est l'une des clés fondamentales pour un bon MJ, or, comment voulez-vous improviser sur des sujets que vous ne maîtrisez pas ?
Certains d'entre nous (la plupart) ont déjà maîtrisé des jeux qu'ils ont abandonné par la suite ou laissé à un autre MJ plus adapté. J'ai moi-même laissé Planescape à JC parce que je n'exploitais pas bien cet univers trop vaste pour moi et qu'il était bien plus doué pour gérer les jeux "mélanges improbables" (Atlantys, Fadding Suns, Agone, Planescape, Dead Lands...).
Je n'aurais pas l'idée de faire du Legends of the Five Rings à la place de Charly qui maîtrise la montée crescendo de la tension. Florent est excellent pour l'horreur tapie dans l'ombre et Rodolphe pour décrire les voyages en pleine nature. Moi-même je pense être doué pour le brutal/fun. Ce n'est pas pour rien que je suis plus à l'aise avec RAS, Conan ou Judge Dredd qu'avec Cyberpunk. Et pourtant j'ADORE Cyberpunk, mais mes parties me semblent.. moyennes. Juste correctes, pareil pour Ravenloft. J'ai l'impression de m'en sortir mais de ne pas laisser de souvenirs impérissables de ces parties. Par contre, les 3 autres autres jeux ont presque tous été des succès.
Mais attention, tous les styles ne plaisent pas à tous les joueurs !
Chacun son truc, certains n'aiment pas les jeux futuristes, d'autres préfèrent les jeux d'ambiance aux jeux d'action alors que faire ?
Doit-on modifier sa façon de maitriser parce que certains de nos joueurs ne sont pas fan ?
Et bien non, absolument pas ! Sinon, tu te retrouves avec un truc bâtard genre... Warhammer Age of Sigmar !
Bref, si vous avez un style de narration pour lequel vous êtes doué, n'essayez pas de le changer, vous risqueriez de vous dénaturer. Et si certains joueurs n'aiment pas, vous saurez reconnaître ceux qui aiment et qui en redemandent !
Pour ceux qui ignorent quel est leur style, c'est facile. Demandez aux joueurs ce qu'ils ont préféré ou demandez leur s'ils ont un souvenir de partie avec vous, une anecdote. Vous pourriez être surpris !
Comments