
Crâne chauve, yeux cybernétiques, manteau long, tout indiquait que l'homme qui venait de prendre place sur le banc miteux appartenant à la famille Delaque. Le barman qui lui lançait un regard suspicieux depuis l'arrière du comptoir lui fit un geste du menton pour inviter l'étranger à commander.
Du lait d'araignée blanche fermenté. Souffla l'homme à l'imperméable dans un murmure à peine audible.
Du lait d'araignée blanche ? Lui rit le barman maigrelet au visage. Et fermenté en plus ? Ça fait des années qu'on a plus revu d'araignées blanches dans le coin.
Le Delaque toisa le barman de son regard impassible jusqu'à ce qu'un colosse arborant une barbe bien taillée et des vêtements de travail renforcés pose violemment ses grosses mains sur le comptoir, faisant s'entrechoquer des verres vides.
Je connais suffisamment bien les gens de ton genre pour savoir que tu as une information à vendre ! Tonna le colosse en sortant une poignée de crédits de sa poche. Allez, crache le morceau ! Barman ! Du White Snake pour le gentleman ici présent !
L'inconnu à l'imperméable tourna à peine le visage dans sa direction.
Il pris une profonde inspiration et une gorgée de la liqueur sirupeuse qui lui brûlait la gorge.
Puis, il commença son récit :
Certains dômes doivent restés fermés. Les anciens parlaient d'une malédiction s'abattant sur quiconque ouvrirait les portes du dôme maudit. Mais bien entendu, l'avidité faisant parti de la nature humaine, des explorateurs s'y sont rendu et ce qu'il ont découvert dépassait leurs rêves les plus fous.
Ils y trouvèrent une gigantesque mer calme d’effluents dont les limites s'étiraient aussi loin que la vue et dont les rives étaient peuplés par une colonie d'araignées blanches. Ces araignées fabuleuses avaient la chair la plus succulente, le venin le plus puissant et leurs yeux étaient des gemmes sans prix.
Ils informèrent la ville Sludge Town de leur découverte et le Guildien Li Hong s'empressa d'embaucher deux gangs pour raser la ville et s'approprier les trésors du Dôme maudit.
Dirigeant la ville de main de fer, les Death Dealers Cawdor et les Metalheadz Goliath permettaient à Li Hong de conserver le monopole de toutes les transactions passant par la ville tandis que les mutants y prospéraient sans crainte. Mais un assassin répondant au nom du Faucheur, travaillant pour la maison Helmawr ou pour la guilde de l'eau (on ne le saura sans doute jamais) changea la donne. Il assassina le chef des Death Dealers en employant une arme Goliath. Quand une délégation de ces derniers se rendit dans un bar pour rencontrer les Cawdor afin de discuter de la situation, ils furent soufflés par un engin explosif. Une guerre des gangs fit rage et Li Hong, sans protection, fut éliminé. Les Enforcers y installèrent un avant poste fortifié et les mutants se déplacèrent dans un bidon-ville aux abords de la ville.
Le Cloaque du Rat Puant, un bar tenu par un mutant au corps de limace et par une femme au corps parfait et à la langue serpentine, devint le repère des mutants de la ville. Un certain MF y dominait la pègre, protégé par deux gardes du corps Astartes Renégats surnommés Bob et Bobby, deux Blood angels victimes de la rage noire mais tenus en paix par de puissants implants audio envoyant en boucle des litanies sacrées.
Lors d'une transaction entre un puissant Guildien et quelqu'un qui s'avérait être Inquisiteur sous couverture, un groupe d'assassin hétéroclite aux ordres de MF jeta sur eux une potion à base de glandes hormonales d'An Kegg, un prédateur naturel des araignées blanches.
Ces dernières, folles de rage, se jetèrent sur les deux hommes et les mirent en pièce.
Une enquête eut lieu menée par l'Adetus Arbites. Tout le monde faisait profil bas, mais un mutant fou assassina un marchant de vêtements et cinq Scouts Imperial Fists furent retrouvés enterrés vivants pour des raisons obscures.
Prenant subitement conscience de la corruption qui grouillait dans la ville, une purge fut lancée et le capitaine des Enforcers jugé pour traîtrise pour son oisiveté.
Le ghetto mutant fut réduit en cendre et le Dôme Maudit scellé à nouveau, son emplacement gardé secret par la guilde de l'eau.
Mais aucun secret ne le reste jamais longtemps et si quelqu'un d'assez brave pouvait rouvrir le dôme, nul doute que Paradise City retrouverait la splendeur d'autrefois.
*
- Mort aux tyrans ! Hurlait Dek en soulevant la tête à moitié défoncée du représentant de la guilde de l'eau qu'il venait d’abattre au nom de l'Empereur à quatre bras et de la liberté dans le sous-monde. Aujourd'hui, il avait libéré le bas peuple du joug de l'oppresseur guildien. Aujourd'hui, tout le monde à Paradise City boirait sous saoul de sans devoir vendre ses biens les plus précieux aux nantis de la spire.
Elle inséra une clé numérique dans le servo-crâne qui contrôlait l'ouverture et la fermeture des portes géantes qui menaient au dôme maudit. Le compte à rebours était lancé. Dans 72 heures standards, les portes de Paradise City s'ouvriront de nouveau. Dans 72 heures standard, le business reprendrait enfin !
*
Qu'est ce que tu nous veux langue de vipère ! Tonna le ganger d'un ton agressif à l'attention de l'inconnu en manteau noir qui le toisait d'un regard impassible. Après quelques secondes d'un silence pesant, l'inconnu répondit :
Avez-vous déjà entendu parlé de Paradise City et de ses fabuleuses araignées blanches ?
Massacre au marché…
PiN°qi0 (que les probators incapable d’énoncer correctement son matricule surnommaient Pi-No-Kio) se penchait sur la flaque nauséabonde au sol. Même sans les capteurs de sa mécadendrite, il savait qu’il s’agissait d’un mélange de tissus biologiques, de vêtements et d’implants métalliques réduits à l’état liquide par la chaleur d’un tir de lance plasma. Il y avait quelques impacts sur les parties bétonnées du dôme et un trou gros comme une tête avait été vaporisé par un projectile plasmatique ayant probablement loupé sa cible.
Plusieurs chalands avaient été ainsi liquéfiés et il y en avait d’autres au sol présentant des impacts de balles.
Dans un corridor, sur la partie exterieur Est magnétique par rapport au centre de la place du marché, se trouvait un adepte postula-technoprêtre de classe 2 recroquevillé sur lui-même. Il était encore en vie grâce à la bénédiction de l’Omnimessie, mais ses organes biologiques l’avaient trahis. Ils seraient bien entendu remplacés par de la sainte cybernétique, mais PiN°qi0 espérait que le traumatisme qu’il avait subi n'affecterait pas son subconscient lors de sa reprogrammation. L’adepte postula-technoprêtre nommé WeE-F/Y 5.0 -selon le tatouage de son code d’identification crypté- est chargé de la gestion et de l'entretien de 2 robots de combat archaïques de modèle béhémoth 6.5. Ces modèles étaient déployés pour la surveillance et la protection de cryptes de l’Adeptus Mechanicus et visiblement, ils avaient atteint leur objectif.
La guerre des gangs avait repris de plus belle à la réouverture de Paradise City et la colonisation se déroulait toujours dans la violence. Il n’était donc pas surpris outre mesure de la situation.
Selon toute probabilité, un gang avait traversé le marché en massacrant les témoins afin de tenter de violer la crypte de l’Adeptus Mechanicus pour voler les ressources archéo technologiques contenues dedans.
Le Technoprêtre PiN°qi0 de la Collegiate Extremis travaillait sur Necromunda depuis assez longtemps pour pouvoir deviner qui était l’auteur du carnage.
Absolument personne n’attaque un marché avec des armes à plasma. Personne, mis à part les Van Saar !
Ces derniers étaient friands d’archéo technologie qu’ils employaient pour la fabrication d’armes et d’équipement hi-tech extrêmement fiables au vu des standards des non-adeptes.
Les vêtements et la peau calcinée de l’adepte l’interpelaient un peu plus. On trouvait également des traces de carbonisation au prométhium sur l’un des robots de combat -qui nécessiterait un check up et une petite maintenance de routine-. Les Van Saars n’utilisent que très rarement des lance-flamme car ces derniers grillent inutilement des circuits électroniques réutilisables et parce que les flammes se comportent de manière difficilement prévisible. Or, les Van Saar n’aiment pas vraiment l’imprévu, surtout lors d’un raid de ce genre.
Les antalgiques de WeE-F/Y 5.0 n’avaient plus l’air de fonctionner. PiN°qi0 décida de lui en administrer une dose. Pas par empathie, mais il allait devoir se connecter à son disque mémoriel primaire et il ne souhaitait pas que l’Adepte gigote pendant l’opération.
Malgré la douleur qui n’était pas encore réduite par les drogues qu'il venait de se voir administrer, WeE-F/Y 5.0 accepta le processus d’intrusion de son disque mémoriel et entra en catalepsie partielle afin de réduire ses spasmes. Il pouvait à présent baisser sa garde. Il était entre les mains d’un supérieur hiérarchique qui réclamait ses services passifs.
PiN°qi0 tira un cable de sous ses robes et se brancha à la prise temporale de l’Adepte blessé. Le petit servo crâne qui l’accompagnait discrètement se mis de lui-même en routine de surveillance afin de laisser le technoprêtre libre de fouiller la mémoire du blessé sans devoir se préoccuper de sa propre sécurité.
La vision du Technoprêtre se brouilla un instant et pris l’habituelle teinte grisâtre fade du protocole de personnification. Il voyait à présent au travers des souvenirs de son sujet. Ce n’était jamais parfait car il voyait un souvenir, pas un holovid. Le trauma récent allait brouiller les perceptions récentes des événements et impacter négativement le propre lobe frontal de PiN°qi0. Mais il n’en était pas à sa première mission et avait développé des processus d’autoprotection méditatifs efficaces. Il allait devoir “encaisser” un coup de lance-flamme et tenter de trouver des informations exploitables dans les brumes de la mémoire de l’Adepte. Au moins, ce dernier n’était pas mort et le choc cérébral serait d’autant plus facile à supporter.
PiN°qi0 pris une profonde inspiration -un vieux réflexe biologique qu’il n’avait jamais vraiment voulu supprimer parce qu’il l’aidait à se concentrer même en l’absence de diaphragme biologique- et déclencha le protocole.
L’Adepte était en train de vérifier l’état des système du robot Béhemoth 6.5 Mk1 V-714PS
quand sa vision nocturne s’est mise en marche.
Le dôme a été mis dans l’obbscurité. Que se passe t-il ? Pourquoi des cris ? J’ai un peu peur. Je vais activer le mode sentinelle des Robots.
Les robots font préchauffer les fuseurs et passent en vision de combat. L’obscurité n’est pas un problème pour les senseurs des créations du Mechanicus mais les chalants du marché ont l’air de passer un sale quart d’heure en se battant dans le noir.
“Je n’ai pas fini la vérification de la remise en service de V-714 PS, je vais l’accompagner s’il y a un combat -je ne serai pas seul- / -je suis rassuré-. V-X PS.4 est efficace, il va se débrouiller tout seul”.
PiN°qi0 déclancha le suppresseur empathique au niveau minimal. Il voulait conserver le ressenti émotionnel de WeE-F/Y 5.0 sans se laisser déborder par la peur des souvenirs de ce dernier.
L’enquêteur Technoprêtre ressentit un léger soulagement à l’arrière de son crâne, signe que les antalgiques faisaient effet sur la psychée de l’Adepte sondé.
Il allait être plus facile de naviguer dans les souvenirs même s’il risquait de perdre un peu de précisions sur certains détails émotionnels. Mais cette partie n’interessait plus vraiment PiN°qi0. A présent, qu’il connaissait le contexte, il voulait savoir qui étaient les assaillants.
Une douleur aigüe vrilla le lobe frontal du Technoprêtre. Les souvenirs de WeE-F/Y 5.0 synthétisaient les informations visuelles du robot de combat V-X PS.4. La surimposition d’informations était toujours désagréable à gérer. Pour faire simple, PiN°qi0regadadait les souvenirs de WeE-F/Y 5.0 qui regardait lui même à distance les informations du robot de combat. L’enquêteur concentra son cerveau biologique afin de s’alligner sur les informations à priori factuelles des senseurs visuels du robot de combat. Au moment même où il commençait à voir au travers des caméras du monstre d’acier, ce dernier était en train de tirer une décharge de fuseur sur un ganger vétu comme le sont généralement les Van Saar. Le robot fit mouche et °qi eut un haut le coeur. Peut être que WeE-F/Y 5.0 avait eut un sursaut d’empathie pour la victime, ou alors l’expérience de personnification durait depuis un peu trop longtemps. °qi décida de ne pas trop s’attarder et retourna vers la conscience de l’Adepte qui venait de s’endormir. Ses souvenirs prenaient à présent une texture vaporeuse, mélangeant souvenir et rêve. Le technoprêtre s’injecta une dose légère de caféïne pure pour augmenter la concentration de son cerveau biologique. Son cerveau de naissance était plus à l’aise pour analyser les rêves.
La mémoire de WeE-F/Y 5.0 fit un saut temporelle au moment où il recevait un flot de promethium. Le robot à ses côtés eut les senseurs surchargés et devient fût momentanément incapacité. WeE-F/Y 5.0 quant à lui se jetta au sol salement amoché.
PiN°qi0 tenta de récupérer des informations sur le propriétaire du lance flammes en imposant à WeE-F/Y 5.0 de focaliser sa mémoire sur les senseurs surchargés de V-714 PS.
Du sang commençait à couler du nez du technoprêtre. Son système nerveux était un peu à cran, mais rien d’insurmontable. La chair est faible. Les nerfs otiques de PiN°qi0 se crispèrent quand il vit en mémoire surimposée les flammes dans les senseurs du vieux robot de combat. Il fit une pause dans l’image mémorielle.
“Agrandissement. Pan à gauche. Stop. Plus haut. Stop. Agrandissement. Stop”.
L’image se figea sur le visage d’un homme explosant litéralement sous les coups de pince énergétique du robot de combat luttant contre les flammes. Derrière la victime, il y avait 2 autres soldats et en fond, un peu flou, un palanquin flottant sur un système antigrav. L’homme dessus ressemblait plus à un noble qu’à un ruchien.
La Guilde du Promethium ! Les guildiens ont embauché des Van Saar comme gros bras pour couvrir un vol de fils de cuivres dans la crypte de l’Adeptus Mechanicus…
PiN°qi0 soupira alors qu’il se déconnectait des systèmes mémoriels de l’Adepte plongé en plein sommeil et que son servo crâne reprenait sa place sur son épaule gauche en émettant une série de trilles binaires satisfaits.
PiN°qi0 savait que les Van Saar était parvenu à pirater l’un des robots pour ouvrir la crypte mais que les systèmes de sécurité secondaires de la porte et du robot avaient fini par se réactiver, privant les Van Saar et la guilde du feu de leur butin. Trois civils étaient morts tués par les gangers, deux Van Saar avaient également péri si on en croit les ragots de la rue et un homme de main de la guilde du conclave Pyromancien avait été éliminé par les robots.
La mission de PiN°qi0était finie. A présent, ses supérieurs liraient son rapport et se débrouilleraient avec le Conclave pour discuter de la tentative de cambriolage d’une crypte sacrée de l’Omnimessie et de la mort d’un agent de la guilde. Pour ce qui était du carnage dans le marché, ça concernait les Palanite qui étaient de toute façon débordés par leur combat contre les Répurgateurs. Les procédures dureraient des mois. Les Van Saar ou n’importe quel autre gang pourraient en profiter pour tenter de cambrioler la crypte à leur tour.
Le technoprêtre ajusta son manteau. Il avait étrangement une furieuse envie de griller un toxistick et de boire un verre de Wildsnake. Il faudrait qu’il se fasse reprogrammer pour retirer ça. En attendant, il s’approcha d’un vendeur de munitions qui remettait de l’ordre à son étal qui avait souffert pendant le combat contre les Van Saar. PiN°qi0 qui le dépassait d’une bonne tête se pencha vers lui et lui demanda d’une voix artificielle grinçante.
T’aurais pas un stick à me dépanner ?
Necromunda finit par déteindre sur tout le monde…
De la neige dans le sous-monde
Emmitouflée dans des haillons confectionnés à partir de bouts de chiffons sales cousus les uns aux autres, la petite fille serait contre son cœur des lumi-sticks déjà utilisés.
Les dévots du Clan Cawdor lui avaient donné une mission de la plus haute importance et elle devait, pour la mener à bien, traverser l’amas de déchets qui séparait le territoire des Cawdor de celui des sorcières Escher.
Vaillamment ou grâce à une chance insolente, elle était parvenue à éviter les mutants qui rôdaient dans la titanesque décharge toxique, à contourner les gouffres chimiques, les rivières de lixiviat et les marais d’huiles. Pendant tout le trajet, son seul réconfort lui venait de la faible lueur des lumi-sticks qui l'aidait à chasser les ombres terrifiantes du sous-monde.
A présent, qu’elle était enfin dans le territoire des Escher, elle ne pouvait que prier pour que l’Empereur la garde de la fureur des Crimson Sisters.
Avançant la tête baissée et les mains levées, la fillette s’attendait à être abattue comme un rat avant d'avoir pû formuler sa requête. Sa quête aurait alors pris fin et son épopée aurait été inutile.
Persuadée que le prochain son qu’elle entendrait serait le claquement sinistre d’une arme à feu la prenant pour cible, elle sursauta en entendant le son d’une voix sifflante, étouffée et avec un accès curieusement hautain.
Qu’est ce que tu fais ici gamine, tu t’es perdue ?
La petite gardait le silence, trop effrayée pour oser répondre.
T’as perdu ta langue la môme ? Regardes-moi quand je te parles ! Lui ordonna la jeune femme qui la toisait.
La petite fille leva la tête pour regarder son interlocutrice. Cette dernière portait une armure bariolée aux couleurs criardes ainsi qu’un masque intégrale qui lui donnait l’aspect d’un squelette au crâne rose rayé de noir. La femme n’était pas très grande, mais les larges épaulettes rouge sang de son plastron et son lance-grenades coloré lui donnait un air étrangement menaçant.
Allez, je t’écoute ! Insiste- t-elle. Qu’est ce que tu mijotes en territoire Escher ? Ne sais-tu pas que les mendiants et les crève-la-faim Cawdor ne sont pas les bienvenus par ici ?
Une autre silhouette les rejoignit. Vêtue d’une combinaison intégrale turquoise sombre ressemblant à un scaphandre et portant sur son dos un étendard que la petite fille ne reconnut pas, la nouvelle venue portait nonchalamment un fusil à aiguille d’une main et de l'autre, elle poussait délicatement le lance grenade de l’Escher vers le bas pour que la guerrière cesse de mettre en joue la petite fille.
Ce territoire appartient au Mercator Nautica. Corrigea la nouvelle venue. Vous autres Escher êtes à notre service, vous n’êtes que des mercenaires, ne l’oubliez pas.
Sans attendre de réponse de la part de la combattante qui serrait les poings de frustration, la guildienne se pencha vers la petite fille aux lumi-sticks.
Qu’est ce qui t’amène ici ? Demanda-t-elle d’une voix presque maternelle. Tu viens offrir l'eau de ton corps pour une cause plus noble que ta misérable vie ?
Cette phrase abrupte ne surpris pas la petite fille, habituée qu’elle était aux psaumes sur le sacrifice récités à longueur de journée par les prêcheurs Cawdor.
Non madame. Répondit-elle enfin, bien qu’elle ne soit pas du tout certaine que la personne dans la combinaison turquoise - ni même celle au lance grenade - soit bel et bien une femme. Je viens au nom de la maison Cawdor vous demander de tenir votre part du marché. Récita-t-elle tremblante, sachant que cette phrase pourrait très bien être sa dernière.
Les Cawdor envoient des enfants négocier à leur place. Bande de rognures d’ongle ! Marmonnait la guerrière bariolée derrière son masque respiratoire.
- Continue. Insista la guildienne en ignorant la mauvaise humeur de la mercenaire dans son dos.
Les Cawdor paient pour avoir de l’eau dans leur colonie, et il n’y a pas d’eau qui arrive dans les réserves. Expliqua la petite fille.
C’est normal, l’eau est rationnée. Attends, laisse-moi vérifier. La Syphonite du Mercator Nautica activa son commlink en pressant un bouton sur la visière de son masque. Bien aimé Maître Nautican ? Appela-t-elle en employant le protocole adapté à la fonction du représentant de la guilde de l’eau. Avons nous un contrat spécifique avec la maison Cawdor dans le secteur ?
En guise de réponse, le casque de la Syphonite émit une série de petits bips tandis que des données chiffrées s'inscrivaient à grande vitesse sur sa visière. Habituée à déchiffrer ce type de données, la guildienne n’eut besoin que de quelques secondes pour trouver l’information qui l'intéressait.
Et bien oui, lança-t-elle plus à elle-même qu’à un quelconque interlocuteur. Les Cawdor ont avancé les financements de l’arrivée d’eau dans leur colonie dans Paradise City. Et l’eau ne coule pas. Nous devons répondre à nos obligations et faire couler le liquide sacré.
*
Quelque 15 m en contrebas, un affrontement violent avait lieu opposant les mercenaires de la maison Escher à une bande de parias du sous-monde. Occupé par sa tâche et ne se préoccupant pas le moins du monde de ce qui se passait au-dessous, le Béhémoth Subnautican était accroché d’une main à une poutre métallique. L’autre main de sa combinaison lourde servait à employer un genre d’auspex tactile pour déterminer la cause du non fonctionnement des tuyaux antiques du réseau anti-incendie mis en place dans le secteur un bon millier d’années auparavant, et servant à présent à arroser les territoires autorisés par contrat comme c’était le cas pour le ghetto Cawdor. Les analyses étaient sans surprise. Les canalisations servaient de nid pour les créatures du sous-monde depuis des générations.
Obstruction biologique ! Annonça le Béhémoth, utilisant l’expression employée pour ce genre de cas.
Nettoyage au Frion ! Répondit prestement la Syphonite occupée à éviter les balles perdues de l’affrontement entre les Eschers et les Parias.
La Béhémoth qui connaissait la procédure par cœur avait déjà commencé à lancer le protocole de purification.
Un puissant acide biologique se déversa dans les conduites, brûlant tout sur son passage. Quelques secondes plus tard, un neutralisateur basique était également injecté pour éliminer l’acide. Enfin, quelques minutes plus tard, le Frion était à son tour envoyé dans les conduites, gelant l’eau issue de la réaction chimique précédente. Les restes de la vermine étaient repoussés hors des canalisations par la dilatation de la glace et les sprinklers furent enfin débouchés, faisant pleuvoir une glace d'abord teintée de marron foncé, puis complètement blanche.
La neige tomba ainsi pendant quelques heures dans le sous-monde. Comme la bagarre en contrebas était finie, le Maître Nautican était occupé à vider les cadavres des paria de l’eau contenue dans leurs cellules, histoire de remplacer une partie de l’eau perdue pour le nettoyage des conduites. La Syphonite empilait les morts pour son maître et le Béhémoth aspirait la neige fondue dans ses réservoirs dorsaux. L’eau était une denrée rare qu’il convenait de recycler dans le sous-monde et c’était là le rôle sacré du Mercator Nautican depuis des générations et des générations.
Un grand manteau blanc recouvrait le ghetto Cawdor. Ils avaient perdu un peu de temps pour s’installer et les autres gangs avaient pris de l’avance dans la reconquête de Paradise City. Mais l’ambiance était festive car les miséreux avaient bien vite compris comment déclencher une grande bataille de boules de neige !
Quant à la petite fille aux lumisticks, elle fût kidnappée par les matriarches de la maison Escher. Elle reçut une éducation correcte, appris à confectionner du poison et devint une chasseuse du wyld reconnue pour sa sauvagerie.
Au jour où je vous narre cette petite histoire, ses pistolets ont déjà 9 encoches pour les mutants qu’elle a éliminé. Car dans le sous-monde, une arme est bien souvent plus efficace qu’un lumistick pour repousser les ombres de l’obscurité.
Helma et les Crimson Sisters
“Toutes celles qui servent la Maison des Lames, servent la Matriarche Primus et s’inclinent devant la sagesse de son Conseil. Au sein de chaque ruche, colonie ou terrier de notre monde brisé où se rassemblent les Esher s’établit la hiérarchie de la Vierge, de la Mère et de la Matriarche.”
C’était comme ça depuis toujours, ces mots, Helma les connaissait par cœur mais elles ne les avait compris et acceptés qu’une fois son adolescence achevée. Comme la plupart de ses sœurs, elle avait grandi et mûri parmi les Vierges dans l'enclave des Jeunes et son avenir avait été choisi par le Conseil. Douée de logique et d’une excellente mémoire, elle avait rejoint les Chymistes du Calice Empoisonné où elle était destinée à une grande carrière tranquille dans l’industrie pharmaceutique.
Mais il n’est pas rare que les jeunes Eshers refusent tout simplement l'autorité de leurs mères et un avenir qu’elles n’ont pas choisi. C’est ainsi qu’Helma rejoignit les rangs des Petites Soeurs, bien décidée à prouver au gang local, les Crimson Harpy qu’elle était plus utile une arme à la main que devant des tubes à essai. Son charisme naturel, sa forme physique et son sang froid en firent rapidement une Matriarche respectée. Bientôt, elle commença à faire de l’ombre à la Reine de son gang mais la hiérarchie de la Vierge, de la Mère et de la Matriarche était aussi sacrée que immuable et une solution devait être trouvée afin que la prétendante ne détrône pas la dirigeante.
Depuis toujours, la famille Esher et la Guilde de l’Eau ont des rapports étroits. Les Eshers ne peuvent pas se passer de la Guilde. Si on veut de l’eau propre, on peut la faire soi-même. Mais si on veut de l’eau pure, il n’y a pas le choix, il faut passer par la Guilde. Or, pour fabriquer des drogues, il faut la meilleure qualité qu’on puisse trouver dans la ruche Primus.
La Reine des Crimson Harpy avait appris que le Guilde avait subi un lourd revers au plus profond du sous monde à Paradise City. Elle décida de leur offrir un cadeau au nom de la famille Esher : une troupe complète de mercenaires à leur service. Helma allait réapprendre quelle était sa place en servant d’autres que la Maison des Lames, mais au nom de cette dernière. Le geste fût hautement apprécié par la Guilde, tout comme par le conseil des Anciennes.
A présent à la tête d’un gang dont elle n’avait même pas choisi le nom et coupée des liens avec la Maison des Lames, Helma fulminait. Mais le nom et l’honneur des Esher était en jeu. Elle travaillerait pour la guilde… tant qu’elle parvenait à le supporter !
Dharmender aimait la liberté que lui conférait son travail. Ce n’était pas un travail des plus épanouissant, mais il avait la chance d’être à un poste dans l’administration de la cité ruche.
Alors effectivement les journées étaient longues et pleines d’ennui puisqu’il avait pour tâche de recevoir les commandes extérieures à la cité, et de les transmettre à l’usine qu’il gérait.
Il pouvait arriver que de longues semaines sans commande soient son pain quotidien, mais ce boulot lui donnait de quoi survivre dignement. Il n’habitait pas trop loin de la bordure de la cité ruche, pouvait se faire de temps en temps un petit extra, bref, sans faire partie de la haute, il vivait bien. Il lui suffisait simplement d’arriver tôt dans l'alcôve de son bureau dans les locaux de l’Administratum et de faire semblant d’être occupé. Et quinze heures plus tard, de repartir après avoir pointé.
Il avait au fil des années recouvert son bureau de dossier, de tablettes, de contenants divers et variés pour qu’on ne l’accuse pas d’être un tire au flan et qu’on ne le transfère pas dans un autre service.
Chaque jour, il saluait les autres pensionnaires des bureaux adjacents sans même connaître leurs noms, et il disparaissait derrière les piles de paperasse.
Et il faisait consciencieusement son travail, quand il y en avait, tout en consommant le ghast qui lui permettait de tenir d’aussi longues journées remplies principalement de vide et d’ennui.
Ainsi allait le quotidien du bureau 217 de sa section de l’Administratum.
***
L’usine était à l’arrêt, les commandes n’étaient plus honorées.
L’aciérie avait reçu la matière première pour une grosse commande, mais sa capacité de production ne permettrait pas de tenir les délais serrés sans sacrifier la sécurité.
C’était la tradition dans l’aciérie. On leur donnait une tâche impossible à faire, ils arrêtaient tout, se mettaient sur la gueule avec les Palatines, et parfois avaient gain de cause.
König se tenait sur une caisse amenée là pour qu’il puisse être visible devant les ouvriers amassés.
«Mes frères, ma famille… Une fois encore les nantis du haut nous demandent de sacrifier nos fils dans l’aciérie pour produire vite. J’ai déjà perdu des frères. Vous avez aussi perdu des frères, parfois des fils. Et ces efforts, on devrait les faire au prix de la misère ? Nous travaillons, mangeons et dormons dans l’usine, et ça, c’est quand on a de la chance ! Parfois, on n’a pas le temps de dormir, et rien à manger.Nous honorerons cette commande que lorsque nous aurons l’assurance d’une augmentation de la dotation sociale à l’usine ! Lançons une grève !»
Les ouvrières et ouvriers rassemblés autour poussèrent des cris d’approbation, et allèrent barricader l’usine.
Ça faisait longtemps qu’ils n’en avaient pas décousu avec les Palatines, et c’était toujours un bon défouloir.
***
Dharmender venait de recevoir une note d’un des contremaîtres de l’aciérie. La grève couvait, et les revendications des syndicalistes de l’usine portaient sur la nourriture.
Il soupira. Il pourrait envoyer les Palatines pour ne pas qu’on lui reproche d’être trop laxiste et de protéger les ouvriers. Mais il allait faire cette fois preuve de tact et d’empathie. D’autant que la grosse commande qu’il venait de transmettre était capitale. Ils voulaient manger plus ? Ils mangeraient plus.
Dharmender suivrait la procédure de résolution de conflits sociaux. Si une dotation quelconque devait être augmentée, que la procédure n’avait pas été appliquée depuis moins de 6 mois – il avait vérifié, c’était le cas – alors il pouvait aller jusqu’à doubler la dotation, mais devrait s’assurer pour la réduire imperceptiblement au fil du temps pour qu’elle revienne au niveau initial, ou à un niveau inférieur au niveau initial.
En gros, il allait doubler les rations de nourriture livrées à l’usine. Et au fur et à mesure, chaque jour un peu plus, les quantités baisseraient, jusqu’à être revenues au niveau d’avant revendication.
Il avait besoin que cette commande se déroule sans accroc. Donc il n’allait pas tenter de trop réduire la dotation. Quand un agent administratif le faisait, il pouvait toucher quelques bonus. Il avait déjà pu obtenir des tickets lui permettant d’accéder aux marchés de la Spire, qu’il s’était empressé d’échanger sur le marché noir contre des biens de contrebande.
***
Les ouvriers poussaient des vivats quand, rassemblés derrière de sommaires barricades destinées à tenir leurs positions face aux Arbites éventuellement envoyés lever le piquet de grève, König leur annonça qu’ils avaient eu gain de cause. Double rations !
Les sirènes de l’aciérie résonnèrent longtemps, tandis que les barrières étaient démontées afin de permettre l’arrivée prochaine des matières premières par Haulers.
***
Les Palatines étaient devant la porte d’un local technique. Ils avaient envoyé deux guetteurs rejoindre la lumière de l’Empereur Dieu, et il ne restait plus qu’à finaliser l’opération de nettoyage.
D’un signe de main, le sergent lança l’assaut. Aussitôt, l’un des patrouilleurs défonça la porte sommaire d’un coup de pied, puis il se recula pour permettre à son escouade de pénétrer dans la pièce sombre.
La plupart d’entre eux réajustèrent machinalement leurs masques filtrants quand ils virent la quantité de matériel destiné à synthétiser diverses substances chimiques, probablement neurotoxiques.
Il y avait deux personnes à l’intérieur. Le chimiste, et un autre. Le chimiste se retrouva rapidement au sol, sur le ventre, sans résistance. Sans résistance parce qu’il n’avait pas eu le temps de résister, et bien aidé par le coup de crosse de fusil à pompe pris en plein visage. L’autre, il était difficile de savoir ce qu’il était. Un homme de main ? Un client ? Un voisin ?
Deux patrouilleurs le tenaient en joue. Le sergent le toisait.
— «Donne-moi ton nom».
L’homme semblait psychotique, c’était probablement un client. S’il était un homme de main ou un voisin, il consommait, ça ne faisait aucun doute.
Puis – c'était comme ça à chaque fois de toute façon, les neuro-stimulants leur donnait l’impression d’être invincibles – le client chercha à s’enfuir, se lançant vers la fenêtre pour la traverser.
Et toujours comme à chaque fois, il n’en eu pas le temps, un coup de fusil à pompe l’interrompant très tôt dans sa tentative.
Le sergent fouilla dans les poches du fuyard. Il y trouva sans surprise quelques crédits et pochons de ghast, mais surtout, plus intéressant, une pièce d’identité.
— «Merci de ta coopération, Dharmender…».
***
La joie avait laissé la place à l’incompréhension.
Les ouvriers avait préparé les creusets, réglé tout comme il le fallait pour honorer au mieux la commande qui était prévue, mais les Haulers de matériaux n’étaient jamais venus.
Le responsable des unités de production de l’aciérie avait tenté sans succès d’obtenir des informations. Le syndicat avait également tenté de trouver des informations par des biais détournés, mais là aussi sans aucun retour probant.
Il arrivait bien entendu que des livraisons soient en retard – nous sommes sur Necromunda après tout – mais rarement aussi longuement.
***
Le sous-directeur de la section industrie de l’agence de l’Administratum de Necromunda passait tous les jours devant le bureau 217, et n’y voyait personne depuis quoi… une semaine ? Dix jours ?
Il voyait les piles de paperasse entassée, et espérait qu’il n’y aurait rien d’important dedans.
Il devait en plus recevoir un nouveau qu’on lui imposait, un jeune de la bourgeoisie qui devait avoir un sacré problème pour qu’on lui demande de lui trouver une place dans ses locaux.
Bon, il fallait traiter des urgences avant le reste, et il prit la décision de trouver un alcôve pour que son futur agents puisse avoir un endroit à lui pour, dans le meilleur des cas, travailler, sinon pour ne pas déranger les autres agents.
Il passa la tête au dessus de la fine cloison qui séparait le bureau 216 du 217.
— «Agent. Le bureau 217 est inoccupé depuis quelques jours déjà. Passez tout ce que vous trouverez dedans, dossier, affaires personnelles au fourneau. Il me le faut comme neuf dans deux jours».
***
König n’aimait pas la situation actuelle. Tout avait été tellement vite qu’il se demandait vraiment ce qu’il faisait là. Ses plus lointains souvenirs montraient déjà l’usine. Il y était né, il y avait grandi, et maintenant, il ne comprenait pas pourquoi il n’y était plus.
Du jour au lendemain, après leur dernière menace de grève, plus aucune matière première n’était parvenue jusqu’à l’aciérie. Il sentait dans certains regards, dans certaines attitudes, qu’on le tenait responsable de tout ça. Même lui se posait la question : Est-ce que si nous n’avions rien dit nous aurions continué comme avant ?
Impossible de le savoir.
Ça faisait quatre mois maintenant que tout ça s’était passé, que le matériel, mais aussi les vivres avaient cessé d’arriver.
Les unités de production prenaient la poussière. Après le choc initial, les camarades du syndicats avaient refusé de croire que c’était la fin de l’usine. La fin de tout ce qui faisait l’essence de leur vie. La colère est donc montée, et ils se sont rendus auprès de l’organisation qui supervisait et conseillait leur propre syndicat pour tenter d’avoir des réponses, pour changer cet état de fait qui ne leur convenait pas.
Malheureusement, ils étaient repartis sans réponse, les laissant seuls sans le moindre espoir que ces problèmes allaient cesser.
Quand les travailleurs réalisaient que plus jamais aucune commande ne retomberait auprès du contremaître, ils quittaient les quartiers d’habitation de l’usine avec leur famille, et rejoignait un endroit où ils seraient moins aux prises avec la misère, que ce soit en quittant la Cité Ruche, en rejoignant une autre usine, ou, comme eux, en sombrant dans la violence.
Ils avaient, les gars du syndicat, accepté l’aide qu’on leur offrait. On leur confiait des petits boulots.
Ça avait commencé par du transport de matériel, et petit à petit, ça avait glissé. Ils avaient ensuite versé dans l’intimidation, le vol…
König ne savait pas s’il s’était refusé à voir ce qu’il devenait, lui, l’ouvrier qui revendiquait son travail irréprochable, maintenant en train de vérifier que tout était en place avant de pénétrer dans un mont de piété pour récupérer des affaires dont les commanditaires du syndicat s’estimaient les propriétaires.
Il se frotta le visage, se tapa les joues avec les paumes, puis regarda si les gars étaient bien à leurs positions.
Une fois qu’il s’était assuré que tout le monde était en place, il recentra ses esprits sur son travail actuel, et celui-là encore serait irréprochable.
Il hocha la tête à l’attention de Laufen qui devait couvrir ses arrières, puis entra dans le mont-de-piété en pointant son arme à feu droit devant lui, son marteau de métallo maintenu de l’autre main sur son épaule.
Il pressa la gâchette. Dorénavant, il était un assassin. Tout aussi violente qu’était la vie dans la ruche, il n’avait jamais eu à tuer, l’usine étant une bulle qui l’avait mis à l’écart de tout ça.
C’était la première fois qu’il ôtait une vie. C’était facile. Avec juste un bout d’index.
C’est à ce moment qu’il réalisa qu’il n’était plus un ouvrier, mais un mercenaire, un assassin, un voleur…
Et tout comme à l’usine, il tirerait fierté dans sa nouvelle profession du travail bien fait.
Historique du Gang d Ariadnan
Ariadnan est un ancien détachement de la garde impériale ayant fait session lors de la libération de sa futur planète. Fondant son propre empire planétaire, le détachement réussit à tenir en échec les deux croisades de répression envoyaient avant que les anges de l Empereur n interviennent sous le commandement du Lieutenant Camus du chapitre Fire Fist qui purgea les dissidents. Fuyant a bord de plusieurs navettes, le blocus condamna cette tentative par la destruction totale. Puis les derniers dissidents furent mener devant la justice impériale qui envoya les survivants a la Légion Pénitencier.
Pendant près de quatorze ans les Ariadnan firent les pires zones de guerres étant poussaient toujours au delà de leurs limites avant de réussir de nouveau a se sortir du giron impérial. Hélas, le transport qui était mal entretenu eut une perte de puissance de son champ de Gleer et sorti dans l espace matériel en catastrophe avant de subir avarie sur avarie. Sans outils de navigations fiables et moteurs mourrant, le transport entra dans l'atmosphère d une planète vivable avant de s écraser lourdement dans un désert de cendre avec une cité ruche comme point dominant de la zone. Les survivants durent défendre chèrement leurs vies et restes du vaisseau contre les nombreux pillards de la planète avant de réussir à établir leurs dominations dans les alentours. Ils découvrirent que la cité ruche était Necromunda sous la domination impériale. Maudissant les aléas du destin, les derniers chefs de Ariadnan mirent au point un projet ambitieux : d abord fonder une colonie avant de passer à la conquête de la cité ruche pour ensuite le reste de la planète et recréer leur Nation.
Mais pour cela, il fallait entrer et établir un ensemble de réseaux et de trafics pour récolter des fonds, matériels et personnels pour fonder une première colonie car les déserts de cendre ne sont pas des plus cléments pour eux. Malgré les compétences d infiltration des membres de l ancien détachement, entrée à Necromunda demandait de connaître du monde et à avoir des crédits. Sur un lieu de passage servant d ancienne évacuation de pétrochimique, une embuscade décima l intégralité des troupes d Arianda avant que la tête du responsable ne soit renvoyé a la colonie. Furieux de ce revers, les responsables se rejetaient la faute mutuellement avant que la caisse de transport ne soit fracassait et une voix s éleva au dessus du calme soudain. Dakata, ancien seigneur provincial du nord, demanda des hommes et matériels pour retourner accomplir leurs rêves a tous. Il eût une brève discussion avant que tous tendent vers leurs objectifs communs. Acceptant les échecs de la première expédition, Dakata se mit a traquer les caravanes de nomades et d industrie impérial ou non et tortura chaque prisonnier avant d obtenir des informations sur Necromunda. L entièreté des survivants d Arianda se déplacèrent vers les abords de la cité ruche pour y fonder un bidon ville que dirigea un concile avant que Dakata ne s impose comme leader unique par l opinion populaire. Les anciens membres du concile firent courir la rumeur d une terre promise que le Seigneur Dakata se refusait d aller indexé préférant la précarité du bidonville. La colère gronda rapidement avant que des discordes n' apparaissent forçant Dakata à prendre une décision : aller réclamer cet endroit. Mais il ne connaissait nullement cet endroit, ni seulement s il existe. Ce fut lui même qui prit la tête de l expédition et laissa le pouvoir aux mains de l ancien concile, à regret. Menant par l exemple, Dakata traversa avec ses hommes plusieurs souterrains, affrontant des horreurs et scellant certaines parties avant de déboucher dans une série d installation scientifique désinfecter. Sécurisant la plus part de la zone, le Seigneur Dakata entama de la restaurer pour y former un camp de fortune assez discret et récolter des informations. C est lors d une écoute de conversation dans un bar que tout bascula : un dôme allait s ouvrir, une source de nourriture, des trésors et surtout de l espace vierge pour une population en recherche d un Eden !